Chaque été, les rencontres avec des vipères se multiplient en France. Et contrairement aux idées reçues, ce n’est pas le sud qui détient le triste record, mais bien les Pays de la Loire, où les morsures sont les plus nombreuses. Entre balades dans les herbes hautes et travail en extérieur, les risques augmentent avec la belle saison.
Une région particulièrement exposée
Sur environ 300 envenimations recensées chaque année dans l’Hexagone, près de 20 % surviennent dans les Pays de la Loire, selon l’ARS et le centre antipoison d’Angers. La diversité des habitats naturels — zones humides, bocages, prairies — offre un terrain idéal pour les serpents venimeux.
Deux espèces cohabitent :
- Vipère péliade : présente plutôt au nord de la Loire.
- Vipère aspic : plus commune au sud de la Loire.
Si elles peuvent s’approcher des habitations rurales, elles restent rares en zone urbaine. Mais un jardin en périphérie peut parfaitement abriter l’une de ces pensionnaires discrètes.
Les reconnaître pour éviter la confusion
Les vipères partagent un corps trapu, une tête triangulaire et une pupille verticale en fente. Les couleuvres, elles, sont élancées, avec une tête ovale et une pupille ronde, et sont totalement inoffensives.
Leur venin agit sur le sang et peut provoquer :
- Une douleur vive au point de morsure.
- Un œdème plus ou moins étendu.
- Des troubles de coagulation.
Certaines morsures sont dites blanches : le serpent mord sans injecter de venin. Les décès restent rares grâce à la prise en charge rapide et aux traitements disponibles.
Que faire en cas de morsure ?
Chaque minute compte :
- Rester calme et limiter les mouvements.
- Appeler immédiatement les secours.
- Immobiliser le membre atteint sans faire de garrot.
- Retirer tout objet serrant (bague, bracelet).
- Ne pas aspirer le venin ni utiliser d’Aspi-venin.
- Ne pas tenter de capturer l’animal (espèce protégée).
Le centre antipoison d’Angers est disponible 24h/24 pour orienter les victimes. Selon la gravité, un antivenin peut être administré. Ce sérum, élaboré à partir d’anticorps de chevaux immunisés, est disponible dans les services d’urgence, et son coût moyen de 1 500 € est intégralement pris en charge.
La prévention, votre meilleur atout
Pour réduire les risques :
- Éviter de marcher pieds nus dans les hautes herbes.
- Porter des chaussures fermées et un pantalon en randonnée.
- Rester attentif aux endroits où l’on met les mains et les pieds.
- Ne jamais manipuler un serpent, même s’il semble inoffensif.
En respectant ces règles simples, la cohabitation avec ces reptiles, pourtant utiles à l’équilibre écologique, reste tout à fait possible.




